
La médecine personnalisée est un concept qui, progressivement, devient l’un
des plus grands enjeux de la médecine de demain. En effet, si l’on savait qu’un
médicament prescrit pour une pathologie donnée chez un patient ne permettait pas
toujours de le guérir et/ou pouvait parfois au contraire avoir des effets secondaires
indésirables ou dangereux très importants, il était difficile, pour un
patient en particulier, de prévoir l’efficacité de ce médicament
et ainsi gagner un temps précieux pour le soigner. Une meilleure connaissance des pathologies
et de chaque patient grâce à des tests de diagnostique de plus en plus précis permet
d’orienter le traitement d’un malade vers tel ou tel traitement, et d’en éviter
d’autres, et ce pour des signes cliniques identiques. Chaque patient est unique et doit
recevoir un traitement ayant les meilleures chances d’efficacité.

La médecine personnalisée vise donc à déterminer des populations
d’individus ou des catégories de pathologies homogènes.
Chaque groupe de patients pourra ainsi recevoir certaines
familles de médicaments adaptées très précisément
à sa maladie, ce qui constitue une "personnalisation" du traitement. Cette stratification
des malades ou des pathologies peut se faire par l’analyse d’un ou plusieurs "biomarqueurs"
, et ce par la réalisation de tests diagnostiques sur des échantillons
biologiques (sang, urine, tissus cancéreux, etc.) des malades.
La découverte et la validation de nouveaux biomarqueurs sont intrinsèquement
liées au développement de la médecine personnalisée.
Les biomarqueurs
ne sont pas un concept nouveau, car la mesure de la température corporelle ou celle de
la concentration en glucose dans le sang sont des exemples bien connus. Les nouveaux biomarqueurs
sont des paramètres moléculaires, biochimiques ou cellulaires qui peuvent servir
d’indicateur pour dépister précocement une maladie, réaliser un
diagnostic précis (par exemple la classification des cancers ne se fait plus par organe
mais moléculairement), établir un pronostic, déterminer le traitement le plus
adapté (stratification des patients) et aussi suivre la réponse et l’évolution
du patient au traitement afin de l’adapter encore en cas de besoin.
Le développement de médicaments plus efficaces et ciblés sur chaque maladie ne peut plus se faire sans la découverte de biomarqueurs associés à cette pathologie. Ainsi, un médicament dont l’efficacité globale peut être faible ou moyenne chez l’ensemble des patients en l’absence de mesure des biomarqueurs associés chez ceux-ci, peut s’avérer extrêmement efficace s’il est prescrit sur une population de malades sélectionnés par un test diagnostique utilisant ces mêmes biomarqueurs. Aux médicaments qui sont développés, est associé de plus en plus un test diagnostique "compagnon" permettant de prévoir l’efficacité du médicament, Ceci doit conduire à une meilleure prise en charge de la maladie tout en contribuant à maîtriser les coûts de santé. Les biomarqueurs découverts et validés feront partie intégrante des tests diagnostiques "compagnons" qui seront commercialisés en parallèle des thérapies spécifiques associées. Les domaines de la thérapie et du diagnostic deviennent donc de plus en plus indissociables, d’où le terme "théranostic" récemment apparu.